Pollution de l’air : l’inaction coupable de la France établie par la justice européenne

Elodie Paluszezak • 24 Octobre 2019
Actu dans le groupe Transports & Urbanisme

 

Paris, le 24 octobre 2019

La justice européenne confirme aujourd’hui ce que les organisations environnementales dénoncent depuis des années : l’inaction de la France contre la pollution de l’air, qui met en danger des milliers de citoyen-nes. 

 

La condamnation de la France doit provoquer un sursaut des collectivités et du gouvernement : la fin du diesel dans les grandes villes françaises doit être programmée au plus vite et accompagnée par le développement des transports en commun, de la marche et du vélo. 

 

La loi d’orientation des mobilités, qui doit être adoptée définitivement le 28 novembre, passe à côté de cet enjeu de santé publique. Avec une date de fin de vente des véhicules diesel et essence bien trop tardive et des investissements encore limités dans les alternatives à la voiture, le gouvernement ne s'attaque pas sérieusement à une des principales sources de pollution atmosphérique en France. A l’occasion de l’examen du projet de loi de finances, en ce moment à l'Assemblée Nationale, le gouvernement et les parlementaires doivent par exemple  transformer la prime à la conversion automobile en une prime à la mobilité plus sociale et écologique et notamment cesser de subventionner l’achat de voitures neuves diesel.

 

Pour Sarah Fayolle, chargée de campagne Transports à Greenpeace France, « les petits pas ne suffisent pas pour protéger efficacement la santé des habitant-es des grandes agglomérations françaises. Les élus locaux peuvent libérer les rues de nos villes des gaz d’échappement des voitures en commençant par organiser une sortie rapide du diesel. Les candidat-es aux élections municipales devront faire le choix de la santé, s’ils et elles veulent être élu-es… et ne pas avoir à payer les amendes de l’Union européenne ». 

 

La cour de justice de l’Union européenne a jugé aujourd’hui que la France a dépassé depuis près de dix ans de manière systématique et persistante le seuil limite de dioxyde d'azote, un des principaux polluants atmosphériques. Cette condamnation pourrait exposer par la suite l’Etat et les collectivités françaises à des amendes.