Liliane Ersant a partagé un post dans le groupe Agriculture, Élevage & Alimentation

Message relayé :
Bonjour,
Il ne vous resteque jusque samedi 23 mai minuit pour donner votre avis concernant
l’implantation de l’usine CLAREBOUT sur le Dunkerquois !*

La société belge /Clarebout Potatoes/ souhaite s'implanter sur les
communes de Saint-Georges sur l’Aa et Bourbourg, à côté de Dunkerque.
L'usine fonctionnant 7j/7 et 24h/24 produira quotidiennement 1400 tonnes
de produits finis, essentiellement des *frites surgelées destinées à
l’exportation*.

Nous pensons qu’il existe de nombreuses raisons de s’opposer à ce projet
et ce qu’il incarne. Odeur de friture et bruits persistants, pollution
de l’air, surconsommation d’eau, conditions de travail dangereuses et
abrutissantes… Ce projet titanesque impactera durablement le quotidien
des habitant.e.s des villes alentours. Reposant sur des pratiques
agricoles mono-culturales et dopées aux produits phytosanitaires, ce
projet condamnera le futur de la région et sa sécurité alimentaire.

En tant qu’installation classée pour la protection de l’environnement,
ce projet fait l’objet d’une *enquête publique jusqu’au 23 mai* : vous
avez donc la parole !

*Aidez-nous à faire pression sur les pouvoirs publics en rédigeant un
AVIS DEFAVORABLE à l’enquête publique*.

Nous vous proposons ci-dessous un exemple de contribution s’appuyant sur
l’étude d’impact de Clarebout et sur l’avis de l’Autorité
environnementale. Vous pouvez vous en inspirer pour rédiger votre avis
ou l’utiliser tel quel en guise de contribution.

► ► ► Pour répondre à l’enquête publique, c’est par ici :
https://www.registre-numerique.fr/clarebout-st-georges-sur-aa-et-bourbo…

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L’activité de l’usine Clarebout sur la ZGI provoquera des nuisances
olfactives, sonores et environnementales similaires à celles observées à
proximité des sites de production existants. A la frontière
franco-belge, de multiples plaintes et signalements émanant
d’habitant·es des villes voisines de l’*usine Clarebout de
Comines-Warneton* ont été déposées. Les habitant.e.s souffrent
des*bruits constants *liés à la ventilation de l’usine. Ils déclarent
également que les *odeurs récurrentes de graillon, d’œuf et de viande
pourri.e.s*liées à la friture et aux stations d’épuration pénètrent
jusque dans leur domicile, les empêchant même de dormir correctement.
Enfin, de nombreux rejets de graisse dans les cours d’eau environnants
ont été constatés.

Par ailleurs, nous redoutons l’accroissement important des pollutions
sonores et atmosphériques liées au trafic routier constant (1 camion
toutes les 3 minutes environ). Les vibrations et les bruits engendrés
par les poids-lourds, ainsi que les rejets atmosphériques issus de la
combustion des carburants auront un *impact significatif sur le
quotidien et la santé des riverain.e.s.*

A cela s’ajouteront les nuisances visuelles. D’une part, l’entreprise
prévoit d’éclairer le site 24h/24, ce qui générera une *pollution
lumineuse* néfaste pour les espèces animales et végétales vivant dans la
zone. Enfin, le projet prévoit l’installation de deux cheminées de 80
mètres de haut (voire quatre en cas d’extension). Situées à seulement
620 mètres de l’Église Saint-Georges classée monument historique
(Saint-Georges-sur-l’Aa), elles auront un impact visuel majeur sur le
paysage.

*2 / Pollution de l’air*

Concernant le respect du Plan Climat, l’usine prévoit une consommation
annuelle de 375 GWh en gaz naturel émettant une quantité totale de 1 348
tonnes de CO2 par an. Cette estimation interroge sur la méthodologie
employée car en considérant le facteur d’émission du gaz naturel fourni
par l’ADEME (227gCO2e/kWh) et la consommation de 375 GWh de gaz naturel,
une première approximation serait en réalité de l’ordre de 85 125
tCO2e/an, *un chiffre 63 fois supérieur aux émissions annoncées dans
l’étude d’impact.*

Il convient également d’ajouter les émissions liées au transport, à
savoir 31 593 tCO2/an, ainsi que celles liées au transport maritime qui
n’ont pas été prises en compte dans l’étude d’impact. Les émissions
supplémentaires induites par le projet sont *contraires aux objectifs
climatiques de l’Accord de Paris* dont la France est signataire, ainsi
qu’à l’objectif, inscrit dans le Plan Climat Air Énergie Territorial
(PCAET) de la Communauté urbaine de Dunkerque, de réduire de 40 % les
émissions du territoire à horizon 2030.

*3 / Surconsommation d’eau*

Alors que la ressource en eau sur le Dunkerquois est déjà sous tension
et le sera de plus en plus à cause des aléas induits par le dérèglement
climatique, l’implantation de Clarebout *accentuera les conflits d’usage
liés à l’eau.* Le pétitionnaire estime la consommation d’eau
industrielle provenant du canal de Bourbourg à 2 148 000 m³/an. Or, en
période d’étiage, l’Autorité Environnementale note que /“Voies
Navigables de France (VNF) a des difficultés à maintenir le niveau d’eau
de l’Aa sur le bief Flandres-Watten-Gravelines, ce qui peut détériorer
des zones humides, dégrader l’activité agricole en lien avec les
wateringues et notamment l’activité maraîchère du marais”/. L’Autorité
environnementale ajoute que si l’extension future de l’usine avait bien
lieu, la consommation d’eau doublerait, nécessitant alors la création
d’un nouveau réseau de distribution. A très court terme, la consommation
en eau du projet met ainsi en péril l’approvisionnement en eau pour les
cultures, et donc la sécurité alimentaire de la région.

*4 / Enjeux agricoles et climatiques*

L’usine prévoit une production journalière de 1400 tonnes de produits
finis (essentiellement des frites) à partir de 2 800 tonnes de pommes de
terre. Cela représente près de la moitié de la production de pommes de
terre de consommation du Nord-Pas-de-Calais et nécessitera environ 22
700 hectares de terres, ce qui équivaut à près de 50 % de la surface
cultivée du SCOT de la région Flandres Dunkerque. Le pétitionnaire a
d’ailleurs fait part de son intention de passer de 150 à 300 le nombre
de producteur.rice.s de pommes de terre dans le secteur. L’Autorité
Environnementale note à juste titre que cette augmentation de la demande
en pommes de terre à bas-coût accentuera fortement le développement de
*monocultures industrielles* – basées sur l’utilisation de produits
phytosanitaires – responsables de l*’érosion, de l’appauvrissement des
sols et de l’effondrement de la biodiversité*. Les produits issus de
l’usine de transformation seront destinés quasiment exclusivement à
l’export (UE et monde). Ces éléments sont parfaitement contraires à
l’engagement de la Communauté urbaine de Dunkerque en faveur d’une
agriculture biologique et des circuits-courts de proximité, pourtant
inscrit dans la délibération-cadre en date du 22 mars 2018. La
transition écologique implique au contraire de diversifier les cultures
sur le territoire en préservant les sols et les eaux par des pratiques
agroécologiques dont l’agriculture bio, le développement de filières
agricoles territorialisées et la réduction de la dépendance du
territoire aux énergies fossiles. En conséquence, ce projet constitue un
*obstacle majeur à la construction de systèmes alimentaires résilients*
et condamne la sécurité alimentaire du territoire.

Alors que la crise sanitaire du Covid-19 met en lumière l’importante
vulnérabilité du système alimentaire mondial et rappelle l’urgence de
changer de modèle industriel, agricole et alimentaire, le projet
d’implantation porté par Clarebout paraît à contre-sens de l’Histoire.

Collectif « Non à la friture à Saint-Georges sur l’Aa »